publié le 13 sept. 2021
AltaVista

Définition SEO d'AltaVista

AltaVista était un moteur de recherche pionnier et leader de son domaine pendant la période pré-Google. Très populaire en Europe, il fut racheté par Yahoo! avant de disparaître complètement en 2013. En quoi consistait AltaVista ? Quelles étaient ses fonctionnalités ? Et comment fonctionnait-il ? C'est ce que nous vous proposons de découvrir dans ce guide.

Qu'est-ce que AltaVista ?

Développé en décembre 1995 par Digital Equipment Corporation, AltaVista était le meilleur système de recherche en texte intégral sur le web, avant l'arrivée du géant Google. Son nom, qui signifie littéralement « vue haute » en espagnol, est tiré de la situation géographique de l'équipe à l'origine de sa conception à Palo Alto, en Californie.

Historique du moteur de recherche

Ce que l'on connait aujourd'hui comme étant l'outil de recherche le plus important de son époque est né d'une idée émise par Louis Monier et Joella Paquette. À l'origine, le projet était de créer un outil pour tester les nouveaux systèmes de la société Digital, dans le cadre d'un index d'archivage de messages électroniques. Mais cette idée de projet a très vite changé de route pour s'orienter vers la recherche internet. Il fut alors nécessaire de concevoir un spider et un index pour collecter et répertorier plusieurs dizaines de millions de sites, le plus rapidement possible. Cependant, après quelques mois seulement, le projet vit le jour et fut testé par 10 000 employés de Digital avant d'être présenté au grand public le 15 décembre 1995.

Avec plus de 300 000 utilisateurs dès le lancement, AltaVista devient très populaire, comptant plus de 2 millions de requêtes chaque jour, après seulement trois semaines de fonctionnement. En quelques années, le service dépasse le cap des 30 millions de requêtes par jour, avec un index de plus de 100 millions de pages web en octobre 1997. Ainsi, il est devenu le premier moteur à pouvoir indexer en très peu de temps la plupart des sites disponibles sur la toile. Mais, malgré ce grand succès, le nouvel outil destiné à la recherche internet ne va pas tarder à sombrer.

Le rachat par Yahoo!

Dès la fin des années 90, AltaVista entre dans un nouvel épisode de son histoire. En 1998, Compaq Computer Corporation racheta Digital ainsi que le domaine AltaVista.com. Ainsi, en 1999, le jeune moteur de recherche fut transformé en portail web, puis filialisé en une société séparée. Cependant, durant la même année, la majorité de son capital a été rachetée par CMGI. Le service de recherche voit alors son interface modifiée et son index porté à 275 puis à 350 millions de sites web. En février 2003, AltaVista a été racheté par Overture, la société américaine spécialisée dans les liens promotionnels. Cette dernière passe sous la propriété du portail Yahoo en 2004. AltaVista devint ainsi une filiale de Yahoo!.

Fermeture du service en 2013

Bien avant d'être racheté par Yahoo!, AltaVista n'était déjà plus vraiment un moteur de recherche. En effet, la préférence donnée à la stratégie de portail au début des années 2000 a entraîné une baisse de la qualité des résultats de recherche qu'il proposait. Il devint très vite le témoignage d'une époque dépassée et se fit rattraper par le fameux Google. Ainsi, lorsque Yahoo! décida de recentrer ses activités pour réduire son investissement dans le domaine du Search, AltaVista perdit toute raison d'être. Il fut officiellement fermé le 8 juillet 2013.

Les fonctionnalités proposées par AltaVista

Bien qu'il ait connu le déclin dès l'arrivée de Google, AltaVista reste la figure éponyme de son époque en matière de la recherche internet. Il surpassait largement ses principaux concurrents, dont Infoseek, Excite et Lycos. Et pour cause, il proposait diverses fonctionnalités qui permettaient de répondre efficacement aux besoins des internautes. Parmi celles-ci figurent :

  • La recherche avec des opérateurs booléens
  • L'utilisation des mots-clés pour la requête
  • La traduction des contenus des sites
  • L'option de filtrage de résultats

À ces différentes fonctionnalités s'ajoutent son interface simple et son spider qui parcourait la toile pour enrichir les SERPs (search engine result pages).

Design de l'interface simple et épuré

L'une des principales raisons du succès d'AltaVista, c'est le design de son interface de recherche. Ce dernier était sobre et épuré avec une page de résultats très élégante. Cette simplicité du design était en partie le fruit de la qualité des installations. En effet, le serveur d'affichage du moteur était hébergé sur trois stations Digital alpha 500/333s. Chacune de ces stations était dotée d'une mémoire RAM de 256 Mo avec un espace de stockage de 6 Go. Cela permettait au Search Engine d'offrir une prise en main facile et une bonne expérience utilisateur.

Robot d'exploration Scooter

Pour répondre aux milliers de requêtes effectuées par les internautes chaque jour, AltaVista disposait de son propre spider appelé Scooter. Ce robot avait pour mission de parcourir la toile pour répertorier chaque nouvelle page web, afin de nourrir l'index du moteur. Pour cela, il s'exécutait sur un AlphaServer 4100 5/300 avec une mémoire RAM de 1,5 Go et un disque dur de 30 Go. Cela permettait au spider de récupérer très rapidement un gros volume de données. Après le crawl, le Scooter renvoyait les données collectées à son système d'indexation qui fonctionnait sur un serveur alpha 4100 5/300 doté de 2 processeurs, 2 Go de RAM et 180 Go de stockage interne.

Avec ces installations, le robot Scooter explorait 10 millions de pages chaque jour et analysait 2 000 sites majeurs de façon continue afin d'actualiser son index avec les contenus les plus à jour.

Utilisation du protocole HTTPS

Déjà, dans les années 90, la protection de la vie privée des internautes était une priorité pour le plus grand moteur de recherche avant Google. Cela se voyait clairement à travers l'utilisation du protocole HTTPS (HyperText Transfer Protocol Secure) qui permet encore aujourd'hui de sécuriser les transferts de données entre le navigateur de l'internaute et les plateformes en ligne. C'est l'une des principales raisons de la popularité du service auprès des utilisateurs d'Europe et du monde.

En effet, comme c'est le cas avec les moteurs de recherche actuels (Google, Bing, Yahoo!), la plupart des internautes préfèrent les services qui protègent et respectent leur vie privée. Cela explique parfaitement la croissance rapide du Search Engine dès le premier jour de son lancement.

Recherche avec des opérateurs booléens

Pour satisfaire les demandes effectuées par les utilisateurs, le service AltaVista ne se limitait pas à l'utilisation du protocole HTTPS. Tout comme Lycos et Excite, il proposait également plusieurs options de recherches avancées parmi lesquelles figuraient les opérateurs booléens :

  • OR / OU
  • AND / ET
  • NOT / SAUF

Ces opérateurs booléens permettaient aux internautes de relier efficacement les termes utilisés pour la recherche afin de trouver des résultats pertinents à leur demande. Chacun d'entre eux permet d'affiner la requête d'une manière spécifique. Par exemple, pour une demande effectuée avec les mots-clés « UNESCO » et « UNESDOC », l'opérateur OR (OU) affichera une liste incluant les documents contenant un des deux termes et les pages contenant les deux mots à la fois. Avec ce filtre, le nombre de résultats sera donc plus important.

Par contre, avec l'opérateur AND (ET) l'internaute aura accès à une liste d'URL indiquant uniquement les documents dans lesquels les deux termes « UNESCO » et « UNESDOC » sont présents. Pour ce qui est de l'opérateur NOT (SAUF) (on utilise de préférence AND NOT), il permet d'obtenir les documents qui contiennent un terme et excluent un autre terme. Ainsi, en mettant « UNESCO NOT UNESDOC » dans la barre de recherche, on obtient une liste d'URLs indiquant les documents ayant utilisé le terme « UNESCO » dans leur contenu et qui ne contiennent pas UNESDOC.

Ces filtres appelés opérateurs booléens fonctionnaient uniquement en anglais, comme c'est encore le cas avec la plupart des moteurs actuels.

Utilisation des mots-clés pour les requêtes

L'utilisation de mots-clés était l'un des principes de base du fonctionnement d'AltaVista. C'était la base du référencement naturel SEO sur le moteur. En effet, le robot d'exploration du moteur se basait principalement sur la fréquence des termes clés utilisés dans les documents HTML pour classer les URLs dans les SERPs. Ainsi, pour chaque demande effectuée, le crawler proposait uniquement les URLs qu'il jugeait pertinentes selon le mot-clé utilisé. Si par exemple vous tapiez le mot-clé « hôtels et restaurants » dans la barre du navigateur, vous accédiez aux documents ayant utilisé ce groupe de mots à une fréquence plus ou moins élevée.

Babel Fish Translation : traduction des pages web

Vous aimez utiliser le traducteur automatique sur Google ? Sachez que le leader actuel de la recherche en ligne n'est pas le premier à inclure cette fonctionnalité. À l'époque, AltaVista proposait déjà cette option, avec le module « Babel Fish Translation » qui lui permettait de traduire jusqu'à 8 langues à partir de l'anglais. Il était donc possible de lire le contenu d'un site anglais en français, en espagnol ou encore en portugais. C'est l'un des premiers services de traduction en ligne à avoir mis des phrases complètes en d'autres langues et pas seulement des mots simples.

Fonction Refine, anciennement LiveTopics

Au-delà du fameux « Babel Fish Translation », AltaVista proposait la fonction « Refine Your Search » dans la perspective d'optimiser la qualité de l'information fournie aux utilisateurs. Cette fonctionnalité également connue sous l'appellation « Live Topics » était principalement destinée aux webmasters. C'était une des fonctionnalités SEO les plus efficaces de la période pré-Google. Elle était utilisée pour faire ressortir les mots et expressions les plus utilisés dans les contenus de plusieurs milliers de documents HTML. Elle permettait donc de trouver très rapidement une niche de termes à utiliser comme mots-clés pour optimiser le référencement naturel et gagner en visibilité.

Option de filtrage des résultats

En dehors des fonctionnalités mentionnées plus haut, AltaVista donnait la possibilité d'effectuer des recherches d'images, de vidéos et de fichiers audio (mp3). Pour chaque type de recherche, il permettait de paramétrer la requête pour obtenir un résultat précis et pertinent. Par exemple, lors d'une recherche d'images, il était possible de filtrer les résultats par couleur, en fonction de la taille ou selon la source. Pour ce qui est de la recherche de contenus audio, les internautes pouvaient effectuer un filtrage par durée de lecture ou par type de fichier : MP3, WAV, WMA…

Les points faibles de AltaVista

S'il proposait des fonctionnalités intéressantes pour les utilisateurs et les professionnels du référencement naturel (SEO), AltaVista présentait également quelques points faibles. Il s'agit entre autres de :

  • La confusion entre les liens
  • L'absence de recherche locale
  • L'absence de la mise en cache

Confusion entre les liens

Les liens commerciaux ou liens sponsorisés sont des URLs proposées dans les SERPs en vue de favoriser la visibilité d'une marque ou d'un produit. Contrairement aux URLs issues des résultats organiques, ces adresses web sont généralement mises en avant dans la SERP. Sur AltaVista, il y avait une possibilité de confusion entre ces deux types de liens. En effet, les algorithmes du moteur pouvaient mettre des URLs organiques à l'emplacement réservé aux liens sponsorisés. Ce qui rendait inutiles tous les efforts menés dans une stratégie SEA.

Absence de recherches locales

En SEO, la recherche locale est un type de requête effectuée sur les moteurs de recherche et qui comprend un élément de localisation géographique. Par exemple, lorsque vous lancez une demande sur votre navigateur en utilisant le mot-clé « hôtels paris », il s'agit d'une recherche locale. Cette requête vous permettra d'obtenir une liste des hôtels situés à Paris.

AltaVista ne proposait pas cette option. Ainsi, lorsqu'on utilisait par exemple la requête « hôtels paris » pour effectuer une demande sur le moteur, il n'était pas possible d'obtenir uniquement des propositions d'hôtels dans la capitale française.

Incapacité de mettre des pages en cache

Dans le domaine du web, la mise en cache est une technique qui consiste à stocker une copie d'un document HTML afin de l'afficher plus rapidement lors des prochaines visites. Cette méthode permet d'optimiser le temps de chargement des contenus web, améliorant ainsi l'expérience utilisateur. C'est d'ailleurs pourquoi elle est de plus en plus utilisée sur Google, notamment avec le format AMP. La plupart des moteurs de recherche actuels l'utilisent également.

Cependant, cette fonctionnalité n'était pas disponible sur AltaVista. Le plus grand moteur des années 90 n'était pas en mesure de créer des copies de pages pour les stocker sur ses serveurs en vue de réduire leur temps de chargement. Certains types de contenus prenaient donc un long moment pour s'afficher correctement.

Que retenir ? Malgré ses différents points faibles, AltaVista a su conquérir le cœur de milliers d'utilisateurs à travers le monde. Et pour cause, le moteur proposait plusieurs fonctionnalités qui lui permettaient de répondre aux demandes des internautes le plus précisément possible.