Oui, ChatGPT préfère l’anglais. Non, vous n’avez pas besoin de tout traduire et changer votre stratégie.
L’essentiel
- L’étude Peec AI révèle que ChatGPT privilégie massivement les sources anglophones, même pour des requêtes en français (82% des sessions françaises génèrent au moins un fan-out en anglais)
- Google capte encore 85-90% des recherches — ChatGPT reste marginal dans les parcours d’achat réels
- Les gens continuent de chercher sur Google pour leurs besoins transactionnels (achat, comparaison, décision)
- Le SEO classique alimente aussi les agents IA qui s’appuient sur les résultats de recherche pour extraire leurs informations
- Le message : Votre priorité reste Google. Vous serez visible là où ça compte vraiment, et les IA suivront naturellement.
L’étude qui fait parler
En février 2026, Peec AI a publié une étude portant sur 10 millions de requêtes ChatGPT et 20 millions de fan-outs (les sous-requêtes que ChatGPT génère en arrière-plan pour trouver ses sources).
Le constat
- 43% des fan-outs déclenchés par des prompts non anglophones sont effectués en anglais.
- 82% des sessions en français incluent au moins une requête en anglais.
- Résultat : des acteurs locaux pourtant dominants sur leur marché — Allegro en Pologne, des leaders allemands, espagnols — disparaissent des réponses ChatGPT, remplacés par des géants anglophones.

Pourcentage de requêtes ayant entraîné un fan-out. (Source : Peec AI)
Le biais varie selon les langues
L’étude Peec AI montre que certaines langues sont plus touchées que d’autres :
- Turc : 94% des sessions incluent au moins une recherche en anglais
- Polonais et néerlandais : 88%
- Italien : 82%
- Français : environ 82%
- Espagnol : 66% — le moins touché, mais quand même deux sessions sur trois
Le français s’en sort donc relativement mieux que le turc ou le polonais, mais il n’est pas épargné pour autant. 4 recherches ChatGPT sur 5 dans la langue de Molière déclenchent au moins une sous-requête en anglais.
La réaction sur LinkedIn et X :
Dès la publication de l’étude, les posts se sont enchaînés. Andréa Bensaïd, figure bien connue du SEO francophone, a résumé le sentiment général : “Il ne suffit donc plus d’optimiser son SEO dans sa langue natale. Il va falloir sérieusement réfléchir à une stratégie de contenu en anglais pour exister demain dans la nouvelle Search Economy. » — Andréa Bensaïd, repris par des dizaines de profils SEO
Notre lecture : Respirez. On va remettre les choses en perspective.
De l’importance de nuancer cette information
Le cas Allegro : quand ChatGPT ignore le leader du marché
L’exemple le plus frappant de l’étude reste Allegro.pl. Si vous ne connaissez pas, c’est un peu l’Amazon polonais — dominant, incontournable, utilisé quotidiennement par des millions de Polonais.
Quand vous posez à ChatGPT une question sur l’e-commerce en polonais, depuis la Pologne, Allegro n’apparaît pas, ou presque pas. À la place ? Amazon, eBay et les plateformes globales qui ont plus de contenu en anglais et plus de backlinks internationaux.
Ce que ça signifie pour vous :
Si vous êtes un acteur local dominant dans votre secteur, vous pouvez être invisible dans ChatGPT, même si vos clients vous connaissent et vous utilisent quotidiennement. Parce que les IA privilégient les signaux globaux, et non la réalité du marché local.
Mais rappelons-le : Vos clients ne cherchent pas sur ChatGPT pour acheter. Ils cherchent sur Google, où vous êtes visible. C’est ça qui compte.
Le biais dépasse même le commercial. Pour une requête politique en polonais, ChatGPT cite Deutsche Welle en anglais — pas les médias locaux de référence. Les sources anglophones deviennent la norme, même quand elles ne sont pas les plus pertinentes. Mais c’est un autre débat.
Google reste le terrain de jeu principal
S’il y a bien des chiffres qui redonnent le sourire, ce sont ceux-ci (février 2026) :
- Google capte encore 85-90% des recherches en France
- ChatGPT, Perplexity et Claude réunis représentent moins de 5% du trafic de recherche
- Les AI Overviews de Google (qui s’appuient sur les résultats classiques) ont plus d’impact que ChatGPT Search
Source : Données Similarweb, analyses Search Engine Land, études de trafic référent 2025-2026
Si vous optimisez toute votre stratégie pour ChatGPT, vous courez après 5% du marché en négligeant les 85% qui importent vraiment.
Les gens cherchent encore sur Google pour acheter
L’étude Peec AI mesure la visibilité dans les réponses IA. Elle ne mesure pas les conversions. Ni les ventes. Ni les vraies décisions d’achat.
La réalité du parcours client en 2026 :
| Étape | Canal principal | Rôle de ChatGPT | |
| Découverte | Google, réseaux sociaux, bouche-à-oreille | Marginal | |
| Recherche d’infos | Google, YouTube, forums, avis clients | Occasionnel (surtout pour synthétiser) | |
| Comparaison | Google Shopping, marketplaces, comparateurs | Très marginal | |
| Décision | Site de la marque, avis, recommandations | Quasi inexistant |
Exemple concret :
Vous cherchez un logiciel de comptabilité pour votre TPE. Vous allez :
- Taper « meilleur logiciel comptabilité TPE » sur Google (pas ChatGPT)
- Comparer les fonctionnalités sur des sites spécialisés (Capterra, GetApp)
- Lire les avis utilisateurs et regarder des démos YouTube
- Vérifier les tarifs et les conditions d’essai
- Vous inscrire sur le site de l’éditeur ou demander une démo
ChatGPT intervient encore peu dans ce parcours, et surtout en phase d’information ou de synthèse.
Les besoins transactionnels passent encore massivement par Google. Tant que c’est le cas, c’est là qu’il faut être visible.
Le SEO classique nourrit aussi les agents IA
L’étude SAGE de Google (janvier 2026) et les analyses de Peec AI confirment que les agents IA s’appuient sur les résultats de recherche classiques pour extraire leurs informations.
Ce que ça signifie :
Si vous êtes dans le top 3 de Google pour vos requêtes cibles, vous avez déjà plus de chances d’être cité par les IA que si vous traduisez tout votre site en anglais sans visibilité Google.
Comment ChatGPT trouve ses sources : les « fan-outs »
Quand vous posez une question à ChatGPT, il ne se contente pas de puiser dans sa mémoire. Il effectue plusieurs sous-requêtes en arrière-plan (appelées « fan-outs ») pour trouver des sources récentes.
Exemple concret tiré de l’étude Peec AI :
- Vous demandez en espagnol : « Quelles sont les meilleures marques de cosmétiques ? »
- ChatGPT effectue 2 fan-outs :
- En espagnol : « Mejores marcas de cosméticos globales alta calidad » (il ajoute « globales »— mondiales — tout seul)
- En anglais : « Top makeup brands 2025 »
Résultat : Les marques espagnoles locales sont exclues, même si elles dominent le marché espagnol. ChatGPT privilégie les sources anglophones qui parlent de marques mondiales.
L’impact sur votre stratégie SEO :
Si vous êtes bien positionné sur Google pour plusieurs requêtes connexes (en français), vous multipliez vos chances d’être pioché lors de ces fan-outs. Ne vous précipitez donc pas sur un dictionnaire anglais-français, votre positionnement sur Google reste vote meilleur levier pour nourrir les IA.
Exemple :
Pour répondre à « Quelle solution CRM choisir pour une agence immobilière ? », ChatGPT peut effectuer plusieurs recherches :
- « Meilleur CRM immobilier » → Votre page « Comparatif CRM immobilier » est en position 1 sur Google
- « CRM avec gestion des mandats » → Votre page « Fonctionnalités CRM » est en position 2
- « Prix CRM immobilier » → Votre page « Tarifs et abonnements » est en position 3
Résultat : ChatGPT vous consulte trois fois dans son processus. Vous devenez la référence naturelle. Sans une ligne d’anglais.
Un bon SEO en français fait donc d’une pierre deux coups : il vous met en tête de Google et vous glisse naturellement dans les sources des IA.
Pourquoi ChatGPT privilégie l’anglais : les deux raisons techniques
L’étude Peec AI identifie deux causes principales au biais linguistique :
- Les signaux d’autorité favorisent le contenu global
Les pages en anglais accumulent généralement plus de backlinks, plus de citations et plus de trafic. Ce sont des signaux que les IA utilisent pour évaluer la fiabilité d’une source. Mécaniquement, les contenus anglophones semblent plus « crédibles » aux yeux de ChatGPT — même quand ils parlent de marchés locaux qu’ils ne connaissent pas. - La minimisation du risque
Le volume de contenu disponible en anglais est sans commune mesure avec celui des autres langues. Pour ChatGPT, plus de contenu = plus de sources potentielles de qualité = moins de risque de se tromper. Loin d’être une préférence culturelle, il s’agit en réalité d’une stratégie de sécurité.
Ce que ça implique pour vous :
Si vous voulez être cité par les IA, vous devez soit renforcer vos signaux d’autorité en français (backlinks, citations, notoriété), soit créer du contenu stratégique en anglais sur les plateformes que ChatGPT privilégie (Reddit, Wikipedia, médias spécialisés, etc.).
Ce qu’il faut vraiment faire
Maintenez le cap sur votre SEO en français
Tant que Google capte 85-90% des recherches, c’est là que vous devez concentrer vos efforts.
Concrètement :
Investissez dans votre branding et vos réseaux sociaux
Les décisions d’achat passent par la notoriété, la confiance et les recommandations. Pas par ChatGPT.
Concrètement :
- Travaillez votre présence sur LinkedIn (si vous êtes en B2B)
- Créez du contenu sur YouTube (tutoriels, tests, comparatifs)
- Animez vos avis clients (Google, Trustpilot, forums spécialisés)
- Développez votre communauté (newsletter, réseaux sociaux, événements)
Une marque connue et recommandée sera citée par ChatGPT, même si elle n’a pas de contenu en anglais. Les signaux de notoriété comptent — mentions, citations, backlinks — et les IA les lisent.
Traduisez en anglais uniquement si ça sert votre business
L’étude Peec AI ne dit pas qu’il faut tout traduire. Elle dit que ChatGPT privilégie les sources anglophones.
Concrètement :
Vous êtes une PME locale (plombier, boulangerie, cabinet comptable) ?
→ Ne traduisez rien. Votre marché est local, vos clients ne cherchent pas en anglais, ChatGPT n’a aucun impact mesurable sur votre chiffre d’affaires.
Vous êtes un SaaS ou une marque avec une ambition internationale ?
→ Traduisez vos pages stratégiques (produit, guides, comparatifs) pour capter les recherches anglophones ET améliorer votre visibilité IA.
Traduisez quand votre marché vous le réclame. Pas quand X s’enflamme.
Mesurez votre visibilité IA sans obsession
Si vous voulez savoir si votre marque est citée par ChatGPT, Perplexity ou Claude, mesurez-le correctement (voir notre article “ChatGPT et les recommandations de marques : l’illusion du contrôle »).
Mais gardez les priorités claires :
- Être dans le top 3 de Google
- Avoir une marque forte et recommandée
- Mesurer votre visibilité IA (si vous avez le temps et les ressources)
Tant que les IA ne génèrent que 5% du trafic de recherche, il y a clairement d’autres batailles à mener en priorité.
Etude Peec AI : restons factuels
L’étude ne dit pas « traduisez tout en anglais sinon vous êtes morts ».
Elle dit : « Les IA ont un biais structurel en faveur de l’anglais. Si vous voulez maximiser votre visibilité dans les réponses IA, il faut en tenir compte. »
Nuance importante. Mais le contexte, lui, reste le même :
- Les IA ne représentent qu’une fraction marginale des recherches
- Les décisions d’achat passent par d’autres canaux (Google, réseaux sociaux, avis clients)
- Le SEO classique reste le meilleur levier pour nourrir aussi les IA
Conclusion : Soignez votre SEO, construisez votre marque. Le reste — les IA comprises — suivra naturellement.
Construisons ensemble une stratégie SEO qui ne plie pas au premier vent de panique.
Chez Semjuice, on ne vous vend pas de solution miracle. On vous aide à construire une visibilité solide, avec des priorités claires et des résultats mesurables.
Ce qu’on peut faire pour vous :
On travaille avec de la méthode, des données et un accompagnement clair.


