ChatGPT reste dominant. Mais les utilisateurs bougent, et les raisons sont autant technologiques que politiques. Ce que les chiffres révèlent, et ce qu’ils impliquent pour votre stratégie de contenu.
L’essentiel
Les chiffres bruts, dans leur contexte
SE Ranking a analysé plus de 101 000 sites avec Google Analytics sur la période novembre 2025 – janvier 2026. Le résultat est net : Gemini a plus que doublé son trafic referral en deux mois, passant de loin derrière Perplexity à clairement devant.
| Plateforme | Part du trafic referral IA (jan. 2026) | Évolution | |
| ChatGPT | ~ 80 % | Toujours dominant, mais avance réduite | |
| Gemini | En forte hausse (+115 % sur 2 mois) | Dépasse Perplexity pour la 1ère fois | |
| Perplexity | Recul relatif | Était 2,9x devant Gemini en août 2025 | |
| Toutes IA confondues | ~ 0,24 % du trafic mondial | + 60 % vs 2025 |
NB : SE Ranking, auteur de cette étude, commercialise des outils de tracking de visibilité IA. Les données sont cohérentes avec d’autres sources (Statcounter, MediaPost), mais ce contexte mérite d’être signalé.
Pourquoi Gemini progresse aussi vite, la partie que personne ne dit

(Source : SE Ranking)
La réponse évidente, c’est le produit : le déploiement de Gemini 2.0 Flash fin novembre 2025, puis l’intégration plus profonde dans l’écosystème Google (Search, Chrome, Android), a mécaniquement augmenté la base d’utilisateurs actifs. Plus d’utilisateurs = plus de liens suivis = plus de trafic referral.
Mais il y a une autre explication, moins technique et plus rarement évoquée : les utilisateurs d’IA switchent d’une plateforme à l’autre, et pas seulement pour des raisons de performance ou de prix.
Le contrecoup #QuitGPT

(Mars 2026, France 24 consacrait un article entier au phénomène)
En mars 2026, OpenAI a signé un contrat avec le Pentagone pour un déploiement militaire de ses modèles. La réaction a été immédiate et mesurable : 2,5 millions de désinstallations de ChatGPT, avec une hausse de 295 % des suppressions de compte en une seule journée. Le hashtag #QuitGPT a circulé massivement, et des guides pratiques pour « migrer de ChatGPT vers Gemini sans repartir de zéro » ont été publiés par des médias tech grand public (ZDNet, avril 2026).
À cela s’ajoute l’annonce, fin mars 2026, de l’introduction de publicités dans ChatGPT pour tous les utilisateurs gratuits et « Go » aux États-Unis, une décision qui a accéléré la réflexion de nombreux utilisateurs sur leurs alternatives.
Ce que ça signifie pour les données de trafic : une partie de la hausse de Gemini n’est pas une victoire algorithmique. C’est un transfert d’usage motivé par des arbitrages éthiques, économiques et politiques. C’est nouveau et structurant : les audiences IA ne sont pas captives. Contrairement au trafic organique, les utilisateurs IA changent d’outil facilement (et pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la qualité de votre contenu).
| Ce qu’on sait | Ce qu’on suppose | |
| Gemini a connu une forte hausse de referral entre novembre 2025 et janvier 2026 ; ChatGPT reste dominant ; Gemini a dépassé Perplexity sur cette période. | La progression vient d’un mélange d’améliorations produit, d’intégration Google et d’éventuels changements d’usage. |

(Scénario hypothétique d’une inversion de tendance – Source : SE Ranking)
Ce que les SEO et les équipes marketing doivent en retenir
1. Diversifier son suivi, pas sa stratégie de fond
Gemini mérite désormais une place dans vos rapports de trafic referral IA. Si vous ne regardez que ChatGPT, vous avez un angle mort qui grossit.
Mais attention à l’excès inverse. Le trafic referral IA global reste à 0,24 % du trafic mondial. Pour mettre ça en perspective : Google seul représente près de 40 % du trafic web mondial (Ahrefs, 2025), et la recherche organique pèse en moyenne 58 % du trafic total des sites, contre moins de 1 % pour l’ensemble des IA. Le SEO classique n’est pas en train de mourir : il est toujours, et de très loin, le premier levier d’acquisition organique.
La recherche organique classique n’est donc pas un canal parmi d’autres : c’est le socle. Pivoter massivement vers « l’optimisation pour les IA » au détriment du SEO classique serait une erreur de proportion.
2. Gemini s’appuie sur l’index Google, c’est une bonne nouvelle
Contrairement à certaines idées reçues, optimiser pour Gemini ne demande pas une stratégie radicalement différente. Gemini s’appuie fortement sur les résultats de recherche Google pour construire ses réponses.
Ce qui est bien positionné sur Google a mécaniquement plus de chances d’être cité par Gemini.
Le SEO classique reste le meilleur investissement pour être visible dans les IA, y compris dans celles qui montent.
Pour aller plus loin sur l’impact des SERPs pour les LLMs, relisez notre article sur l’étude SAGE !
3. Les plateformes IA ne citent pas les mêmes sources
Une étude de Danny Goodwin (Search Engine Land, février 2026) le montre clairement : ChatGPT et Google AI ne s’accordent sur les mêmes recommandations de marques que dans moins d’un tiers des cas. Optimiser pour une seule IA ne garantit rien pour les autres.
Ce qui fonctionne partout :
4. Mesurez avant d’optimiser
Avant d’ajuster quoi que ce soit, vérifiez ce que vos propres données disent :
- Segmentez votre trafic referral par source IA dans Google Analytics
- Testez manuellement 5 à 10 requêtes stratégiques sur Gemini, ChatGPT et Perplexity
- Notez si c’est votre site ou des sources tierces qui vous citent, c’est souvent là que se joue la vraie visibilité
À retenir
Le doublement du trafic referral de Gemini est un signal clair, pas une anecdote. Mais sa cause est autant sociologique que technique : les utilisateurs d’IA bougent pour des raisons de performance, de prix, et désormais de positionnement éthique.
Pour les marques et les équipes SEO, le message est simple : la diversification des sources de trafic IA est une réalité mesurable, pas une projection. Gemini n’est plus anecdotique. Il mérite une place dans votre analyse — sans pour autant tout réorganiser autour de lui.
Ce que vous pouvez mettre en place dans l’immédiat :
En attendant, la stratégie à adopter pour vous reste la même : analyser la solidité de votre marque et sa présence en ligne. C’est ce que nos audits GEO permettent de faire.


